Cour d’assises à Arlon: «J’étais saoul, je ne me souviens de rien!»

L’accusé se réfugie derrière l’excuse de l’alcool.
L’accusé se réfugie derrière l’excuse de l’alcool. - Belga

Ce lundi, en deuxième partie de matinée, les jurés d’assises ont assisté à l’audition d’Eric Flammang. Ses premiers propos concernent son enfance, pour le moins complexe. « Je porte le nom de ma maman, qui est aussi celui de mon papa car ma maman était tombée amoureuse de son cousin. Mon père n’a jamais voulu me voir alors j’ai vécu avec ma maman et ses compagnons. »

Le président Philippe Gorlé est ensuite rapidement arrivé sur la rencontre entre Eric Flammang avec Raymond Lochet : « je cherchais un appartement et je suis tombé sur Raymond et sa femme dans les petites annonces. J’ai emménagé chez eux et il y a un vrai lien sentimental qui s’est créé. »

La vente viagère

Viennent ensuite les explications sur l’achat en viager de la maison. Une décision qui fait suite au décès de Monique Lochet, l’épouse de Raymond, en 2007. « J’ai ressenti le besoin de l’aider, après tout ce qu’il avait fait pour moi. Il fallait que je soutienne cet homme veuf alors j’ai accepté», a expliqué l’accusé.

À ce stade, le président Gorlé interrogera longuement l’accusé sur la situation financière du couple. Notamment sur le revenu limité d’Eric Flammang qui est pré-pensionné pour cause d’invalidité. « Rapidement vous avez du mal à payer vos mensualités », analyse le président. Il poursuit : « en 2016, votre famille reçoit une mise en demeure, je suppose que cela a dû être dur à encaisser. »

Ce à quoi Eric Flammang répond : « Ma femme et moi nous avions tiré un trait sur la maison, on allait perdre notre viager et c’est tout. On voulait juste que Raymond laisse tomber les 7000 euros d’indemnité et d’amendes qu’on lui devait, du fait qu’on laissait tomber le viager. »

C’est pour cette raison qu’Eric Flammang est allé voir Raymond Lochet le lundi 27 février 2017, le jour des faits. « Je suis allé le chercher vers 17h30, après les cartes. Il voulait aller boire une chope, alors je l’ai emmené. »

Le jour des faits

Ils partent en direction d’un café à Saint-Mard et ils y restent de 17h48 à 20h37. Ils boivent une dizaine de bières et Raymond Lochet semble avoir du mal à tenir sur ses jambes.

Le président revient ensuite sur le trajet particulier des deux amis : « je ne connais pas bien la région, mais le lac de Rabais n’est en aucun cas sur la route. Si vous vouliez le reconduire chez lui vous ne deviez pas passer par là.» Eric Flammang appuie ses explications sur l’alcool : « Raymond me demande pour aller à La Sapinière de Rabais, je n’ai pas réfléchi plus loin et je l’ai emmené. J’étais saoul, je n’ai pas réfléchi. »

Pour la suite de ses explications, Eric Flammang reste vague. Il admet avoir très peu de souvenirs des événements. « Je suis saoul, je ne peux pas dire autre chose. J’ai eu un moment d’absence. Je l’entends dire « va à droite », me tenir le bras et puis plus rien. Je suis revenu à moi quand j’étais dans l’eau. »

Alors que le président Gorlé tente de décrocher davantage de détails, Eric Flammang commence à s’agacer, et le ton monte. Les réactions d’Eric Flammang sont spontanées, sans doute un peu trop pour la cour. La suite de l’audition se poursuit sur le même registre. Eric Flammang évoque l’alcool, continue de se cacher derrière cette même explication...

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