Faire remonter les réalités du terrain dans le combat politique

Faire remonter les réalités du terrain dans le combat politique

Marc Goblet ne laissait personne indifférent. À travers ses saillies à l’accent bien prononcé, l’ancien homme fort du syndicat socialiste était aussi un habile négociateur. Surtout, il mettait un point d’honneur à se baser avant tout sur le terrain pour dessiner les contours de ses revendications sociales. La mort de Marc Goblet, c’est aussi la mort d’une certaine forme de combat syndical. Engagé. Le leader qu’on aime ou qu’on déteste. Mais que tout le monde connaît.

Son franc-parler, il le tenait aussi à l’égard du parti frère, le PS. Un PS où il estimait qu’il manquait de « gens de la base, de travailleurs » et dont l’homme craignait qu’il ne s’embourgeoise. Si Marc Goblet n’était pas tendre à l’égard du Parti socialiste, il lui restait toutefois fidèle. Quitte malgré tout à tendre la main à « l’ennemi », encore dernièrement en déposant une proposition de loi avec le PTB, réclamant une révision de la fameuse loi de 1996 sur la compétitivité. Mais là aussi, pas question de donner à Raoul Hedebouw un blanc-seing : Marc Goblet réclamait que le PTB prenne ses responsabilités plutôt que de rester dans la posture de l’opposition.

Inévitablement, ce genre de personnage, qui dit ce qu’il pense comme il le pense depuis tant d’années, manquera dans le combat politique, au sens large du terme. Dans l’hémicycle de la Chambre, un profil comme le sien était plutôt rare. Surtout, il était l’archétype pour le PS de l’élu pouvant contrer le PTB dans les endroits, à l’instar du bassin industriel liégeois, où le parti de gauche radicale convainc de plus en plus de monde. À ce niveau, le décès de Marc Goblet représente une perte pour le Parti socialiste liégeois, lui qui menait ses combats sur le terrain, souvent délaissé par les élus.

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