Le jury est entré en délibération sur la culpabilité de l’accusé Kewal Singh

Kaur Jugvinder.
Kaur Jugvinder. - D.R.

L’avocat général Denis Goeman a estimé qu’il y avait un faisceau de preuves graves, précises et concordantes permettant de penser que Kaur Jugvinder n’a pas disparu dans la nature mais a été tué par son mari. Pour lui, la thèse d’une fuite à l’étranger n’est pas plausible parce que la victime a laissé toutes ses affaires personnelles chez elle, notamment son passeport, et parce qu’elle n’aurait pas pu partir sans son fils avec elle.

Selon le magistrat, l’enquête de téléphonie et divers témoignages laissent penser que Kewal Singh a tué ou fait tuer son épouse pour l’honneur. Il n’aurait pas admis que celle-ci le quitte, pour aller vivre seule avec leur fils, déshonorant ainsi leur famille et contrevenant aux principes de la religion sikhe.

La défense de Kewal Singh, Me Sven Mary, Me Laurent Kennes et Me Hamid El Abouti, a quant à elle plaidé l’acquittement. Les avocats ont exposé qu’aucun élément scientifique ne permettait d’établir une quelconque culpabilité de Kewal Singh. Aucun cadavre n’a été découvert, aucune arme n’a été trouvée et aucune trace de l’ADN de la victime n’a été décelée lors de fouilles et de perquisitions, pourtant nombreuses.

Pour les conseils de la défense, la culpabilité d’une personne pour un crime doit reposer sur des éléments de preuve matériels, tout à fait absents dans le présent dossier. Ils ont également avancé que les soupçons qui pèsent sur Kewal Singh proviennent essentiellement du témoignage de Parminder Singh Kakania, qui est aussi accusé comme complice mais qui est en fuite et n’a donc pu être entendu devant la cour.

Le 4 septembre 2012, Kaur Jugvinder a été signalée disparue. Six mois plus tôt, elle avait quitté son mari, Kewal Singh, en fuyant le domicile conjugal à Schaerbeek avec leur fils âgé d’un an. Elle s’était ensuite installée seule dans un appartement à Evere.

Les mois suivants, elle avait déposé plusieurs plaintes contre son mari et l’entourage de celui-ci pour menaces, harcèlement et tentatives d’intimidation.

L’enquête n’a jamais permis de retrouver le cadavre de la victime, mais le ministère public estime qu’il y a suffisamment d’éléments pour penser que Kewal Singh a tué sa femme, avec l’aide de Parminder Singh Kakania. Cet homme travaillait pour lui dans l’un de ses magasins de nuit et de téléphonie. Il fait défaut à son procès.

Lorsqu’il avait été interrogé par la police, avant de disparaître, Parminder Singh Kakania avait déclaré qu’il avait vu Kaur Jugvinder pour la dernière fois le 26 août 2012 et qu’elle était en compagnie de Kewal Singh. Il avait aussi déclaré que, le même jour, son patron lui avait demandé d’aller cacher le GSM de sa femme à Paris, en prenant le TGV depuis Bruxelles, ce qu’il a fait.

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