Mort de Michel Fourniret: les enquêtes judiciaires se poursuivent

Mort de Michel Fourniret: les enquêtes judiciaires se poursuivent
AFP

La juge d’instruction parisienne Sabine Khéris reste chargée de l’information judiciaire qui regroupe ces quatre dossiers et touche à sa fin: l’enlèvement en 2003 d’Estelle Mouzin, 9 ans, la disparition en 1988 de Marie-Angèle Domece, le viol et le meurtre de Joanna Parrish en 1990 et la disparition de Lydie Logé en 1993.

Michel Fourniret, déjà jugé et condamné à perpétuité pour huit meurtres, était mis en examen dans ces quatre affaires.

Constatant sa santé et sa mémoire déclinante depuis deux années, les familles de ces victimes espéraient tout de même le voir comparaître aux assises. Elles comptaient sur la vérité de l’audience pour obtenir des réponses.

Malgré des dizaines d’heures d’interrogatoires serrés de la juge Khéris, celui qui se décrivait comme «un joueur d’échecs» avec les enquêteurs, alternant mensonges et fausses pistes, n’a livré que des aveux partiels.

De cette fillette et de ces trois jeunes femmes, seul le corps de Joanna Parrish a été retrouvé à ce jour.

Au terme de son enquête, la juge devra donc, selon la formule consacrée, «constater l’extinction de l’action publique» envers Michel Fourniret, la justice pénale ne pouvant pas faire le procès des morts.

Récemment, ses avocats avaient déposé une requête pour suspendre la procédure, arguant de son état de santé. La défense remettait aussi en cause ses aveux formulés «au cours des deux dernières années, compte tenu de l’altération manifeste de ses facultés mentales», selon leur communiqué publié lundi. «La requête ne sera sans doute jamais examinée», concluent-ils.

En revanche, la juge Khéris reste saisie du cas de son ex-femme, Monique Olivier, 72 ans, mise en examen dans ces quatre dossiers et sous la menace d’un procès pour «complicité» des crimes reprochés au tueur.

«Michel Fourniret part avec ses secrets et Monique Olivier va se retrouver seule devant le tribunal, elle va focaliser toutes les attentions», note Me Richard Delgenes, l’avocat de la septuagénaire, dont les déclarations ont joué un rôle majeur pour obtenir les aveux de son ex-mari. «Est-ce que ça ne va pas la bloquer ?», s’interroge-t-il.

Monique Olivier, qui s’était installée en 1987 avec le tueur lorsqu’il était sorti de prison et dont elle a divorcée en 2010, a déjà été condamnée à perpétuité pour complicité de quatre meurtres et d’un viol en réunion commis par Michel Fourniret, puis à vingt ans de réclusion pour un cinquième meurtre.

«On sait que les meurtres étaient commis à quatre mains, on perd un atout mais on peut continuer à avancer car il reste Monique Olivier», estime Me Didier Seban, avocat des quatre familles concernées.

Par ailleurs, les enquêteurs planchent sur une série d’autres affaires non résolues dans lesquelles «l’Ogre des Ardennes» pourrait être impliqué, en analysant en particulier des traces ADN prélevées notamment sur un matelas saisi en 2003 dans la maison de la soeur défunte de Fourniret.

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