Le foot ne manque pas à Gino Casamassa

Il n’est plus attiré par le ballon rond comme avant.
Il n’est plus attiré par le ballon rond comme avant. - E.G.

« Sincèrement, je ne voudrais pas être à la place des entraîneurs dans le contexte du moment ! Il n’y a aucune perspective. C’est l’inconnue totale pour la suite. Dans ces conditions, tout le problème consiste à savoir comment garder un groupe en alerte. Les fameux programmes distribués aux joueurs pour se maintenir en forme ? Ils ont toujours existé, mais je n’y ai jamais cru ».

« J’ai perdu la flamme ! »

À part les courses au magasin, Gino reste prudent et ne quitte guère ses pénates. Le football aurait pu meubler ses journées, et encore… « Je regrette de ne plus suivre mon petit-fils, affilié à Pâturages. Il n’a jamais arrêté, ou presque. Mais sans vestiaire et buvette pour les accompagnants, c’est compliqué. Pour le reste, je dois bien l’avouer, j’ai perdu la flamme. C’est bien simple, depuis la fin de mon passage éclair à Thulin, en janvier 2018, j’ai assisté à deux matches du Sporting de Charleroi. C’est tout. Pourtant, avant le Covid, les invitations n’ont pas manqué. Ainsi, Franky Stoquart et Alex Gallo m’ont déjà gentiment proposé d’aller les voir. Je leur réponds toujours favorablement, mais à la dernière minute, je me ravise. Difficile à expliquer, mais je n’arrive plus à me mobiliser pour du foot ».

Ses dernières expériences auraient-elles refroidi l’ex-T1 d’Hornu et de l’USGTH, entre autres ? « C’est sûr, après 40 ans tout pile de coaching, j’aurais préféré un dénouement plus réjouissant. J’espérais vraiment terminer sur une note positive. Mais voilà, j’ai été confronté à des joueurs qui brossaient les entraînements, une pratique à laquelle je n’avais pas été habitué. Il faut dire qu’en tant que T1, je m’étais toujours investi à fond. Je me levais souvent la nuit, tracassé par un détail ou un épisode vécu pendant la semaine, et soucieux de le régler ».

De bons souvenirs surtout

Pas de quoi, cependant, entacher une carrière « plus riche en bons souvenirs qu’en mauvais », comme Gino l’admet. « Comment oublier les douze saisons à l’USGTH, entre P1 et Promotion, sous la direction de ce grand Monsieur qu’était Giovanni Faraon ? Et les douze années de suite à Hornu, sous la présidence de Daniel Richez ? J’ai connu l’échelon national, plusieurs montées, que demander de plus ? Même si la fonction n’est jamais reconnue à sa juste valeur, je souhaite à tous les entraîneurs de connaître ces moments-là au moins une fois dans leur carrière ! » Cette année, ils devront sans doute patienter un peu…

F.Mi.

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